Relocalisation en France : Yes we can !

Produire en France en étant compétitif

2013 et 2014 ont été deux années de rupture où quelques relocalisations notoires se sont produites non pas au bénéfice de la Chine, mais plutôt dans le sens inverse en faveur des USA mais aussi de l’Europe.

Pourquoi ? A cette question, des raisons très spécifiques :

Réduction des délais de livraison, variabilité de la demande, problèmes de qualité, secteur nécessitant un savoir-faire particulier, produits uniques, manque de main d’œuvre qualifiée sur place ou encore besoin de synergie entre la R&D et la production.

Même si ces relocalisations sont restées rares, le modèle de délocalisation systématique des grands volumes en Chine est aujourd’hui remis en question. La baisse de compétitivité chinoise du fait d’une forte augmentation des coûts directs n’est pas compensée dans les autres pays Low-Cost d’Asie. Les pays d’Europe de l’Est, quant à eux, restent des choix limités. Mais surtout des enjeux croissants de compétitivité, de personnalisation de l’offre, d’automatisation et d’écoconception militent pour un maintien, voire pour une relocalisation de la production en France.

Comment estimer le potentiel de valeur d’une relocalisation ? Une approche Total Cost of Ownership permet de valoriser les gains cachés. Précisons qu’une telle relocalisation n’est pas nécessairement totale mais doit bien cibler les produits ou fonctions à maintenir ou relocaliser. La refonte de la supply chain complète cette démarche. Enfin, en complément, le design à coût objectif de produit ou d’usine permet de recréer de la valeur en s’adaptant au contexte industriel français.

A. Quels sont les intérêts à produire en France aujourd’hui ?

Produire en Chine, une solution de moins en moins pertinente



Augmentation des coûts du travail en Chine

La Chine connaît depuis 2008, une augmentation des salaires de 13 à 15% par an contre 1 à 3% pour la France ou les USA.

La différence de progression est telle que la main d’œuvre chinoise, 20 fois moins chère qu’en France il y a 12 ans, n’est plus que 5 fois moins chère en 2017. La projection à 2022 montre qu’elle serait seulement 2 à 3 fois moins chère.

Parallèlement, les charges sociales augmentent également, passant de 23% environ du salaire en 2002 à 35% du salaire en 2009. Cela se traduit par une forte hausse du coût total de la main d’œuvre de 15 à 20% pour l’employeur depuis une dizaine d’années.




Cette analyse sera complétée en tenant compte de la productivité, par comparaison au coût unitaire du travail qui représente le ratio entre le coût horaire de travail et le nombre d’unités produites.

Le coût unitaire du travail a progressé plus fortement en Chine ces 10 dernières années, pour atteindre 80% de celui des USA en 2017, ce qui représente une hausse de 93% depuis 2005.

À volume identique, le coût de la main d’œuvre par article produit a donc tendance à s’équilibrer d’année en année entre les deux pays. L’avantage réel de la Chine se situerait alors dans sa capacité à réaliser des volumes importants du fait d’une main d’œuvre plus largement disponible.

Augmentation des autres coûts cachés

Au-delà du coût du travail, on observe également en Chine une augmentation des coûts de transports, de l’immobilier, des taxes et de l’énergie avec une évolution défavorable dans les 5 années à venir. Cette évolution est liée à la fois au contexte global, à l’inflation et à l’appréciation à la hausse du Yuan Chinois.

La complexité de la supply chain entraîne des délais de livraison allongés, et des coûts de stock accrus. La production chinoise présente moins de réactivité et de flexibilité industrielle aux besoins de changements rapides de conception ou de design. La Chine, avec d’une part, son éloignement géographique de l’Europe et des USA et d’autre part une spécialisation sur des produits à faible diversité sur volumes importants, est fortement pénalisée pour répondre aux demandes d’évolutions rapides des marchés occidentaux. Elle peine à rester compétitive pour des délais de time-to-market cible de 3 à 6 mois.

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  • Publié le : 12/09/2017